vendredi 11 juillet 2008

HAUT-LE-COEUR

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Ecœurée,

j’étais écœurée.


Il fallait prononcer ce bel adjectif avec la bouche arrondie,

en cœur,

l’espace d’un instant, celui de l’e dans l’o,

comme si les lèvres présomptueuses et saillantes mimaient ce rejet des circonstances.

Comme s’il était possible de cracher - avec grâce - ce poisseux decorum.



Ecœurée.

Préfixe privatif, inséparable e (deux) dans l’eau, et enfin le bouquet final en sourdine du e muet qui s’abîme, pour dire l’organe de l’affect exsangue, infecté, révulsé.


C’est brusque, la réalité dans la gueule. C’est rude, ce réel délavé qui râpe la cornée, enflamme le regard, sans l’illuminer.

C’est difficile de voir, de bien voir, difficile de recevoir les images sans masque, sans lunettes de soleil, sans myopie, sans angles flous, sans voiles.

Voir les pourtours aiguisés des choses et des gens nauséabonds, leurs aspérités, leurs rugosités, leur violence. Voir cet approximatif reflet de soi qui vous suit sans relâche, vous déçoit, répugne, vous flatte,

parfois.


Il le faut, pourtant,

approximativement.


Saisir le réel par poignées, sans gants,

déchirer l’écran divers pour que la lumière perçante soit,

souverains rayons de vrai.


Et le dire.







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samedi 5 juillet 2008

[ s'en va ]

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"Elle avait envie de faire quelque chose qui l’empêchât de revenir en arrière. Elle avait envie d’anéantir brutalement tout le passé de ces sept dernières années. C’était le vertige. Un étourdissant, un insurmontable désir de tomber.
Je pourrais dire qu'avoir le vertige c'est être ivre de sa propre faiblesse. On a conscience de sa faiblesse et on ne veut pas lui résister, mais s'y abandonner. On se saoûle de sa propre faiblesse, on veut être plus faible encore, on veut s'écrouler en pleine rue aux yeux de tous, on veut être à terre, encore plus bas que terre. "

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mardi 10 juin 2008

Du rouge difficile

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Je voulais entrer dans le monde par le ciel,

mais les conditions météorologiques actuelles ne le permettent pas.




D’une œillade désinvolte, je t’aveugle. Tu m’éborgnes.

J’ai du mal à m’accrocher aux textures et aux couleurs offertes par le présent.

Temps présent. Long, et plat. Sans accrocs ni surprises. Sans rouge difficile pour faire tomber la misère.


Je tourne les pages, je feuillette et j’effeuille, mais jamais je ne fixe. Le livre me tombe des mains.

J’ai du mal à m’accrocher aux caractères charnus imprimés noir sur blanc, cacochymes. Mots. Lents, et fades. Sans bleu versatile pour oublier ton mystère.


D’une bouche maladroite, je tutoie, et tâte l’intervalle d’ici à toi.

J’ai du mal à accrocher ma voix aux morceaux de l’espace, à percer le silence interloqué. Sons. Fats, et faibles.





Enlisée dans un interlude de langueur et de pâleur.

Je voudrais briser les bords des journées lisses, bondir, m’abîmer.

Je voudrais.




Aveuglette et avide, j’appète.

A perpète et à vide, tu répètes.



J’appète;

Tu te répètes.


Et ça ressemble à de l’ennui.



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Vestiges : I want them to see yellow

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Dragging the sad eyed sun eaten flesh of my mind picked through and through;
through the streets of Berlin, endless blind streets illuminating nothing but golden calves and false idols whose criminal ranting vanished into nowhere sweats under the thumbprint of your touch that lit american cigarettes and studied Gide, Flaubert, Balzac in itchy vibrating planes through dashes of jumping omnipotence;

nightmare beats of time deliver demonic ecstasies across the Atlantic ocean;
what me think--broke down, bitten, eaten alive, wrap your arms and legs around me, stare and stare into the wildcat eyes of my messiah’s infinity;
blond and naked

overwhelmed sex flavored word play colored your thigh in the tangled limbs of something new I want to imbibe you like a performance of perfumed feels, gropes, plunge you down into an abyss of spectral affirmations, haunt your ether and scornful drool, pulsate in your abdominal wounds, the wet and dripping vapors of your cry, your wail, your howl-- mind speak flooding--the sky is falling on the precipice of the horrors of western civilization but the metaphysics of your gaze is my only concern.


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mardi 3 juin 2008

Homélie sur les Aborses

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Homélie sur les Aborses


Ô, petit collier de bric et de baudruche,
Tu crois que le monde gravite atour de tes apparats,
Que tu nous appâtes avec tes beaux atours,
Frêles petits pendules qui oscillent sous ton nombril;


Tes bourses se bombent plus fièrement que ta verve
Macrocéphalie testiculaire qui te mure et t’émeut.
Envieux, tu t’étends, t’enfles et te travailles
« - Est-ce assez ? T’ai-je séduite ? N’y suis-je point encore ?
- Nenni , mon ami. »


Œil torve de bovin avide et aviné,
Boursouflure articulée sur des rails poudrés
Sans hélium, tu danses au ras du sol .


Hélas, tes œillères de gougnafier ne peuvent ancrer l’odyssée de tes prunelles
Plus loin que le zénith de ton priape.
Si tu refuses de t’exorbiter avec nous, ô plèbe-boy,
Adieu chevauchées épiques sans balises ni valises.










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samedi 17 mai 2008

Raspoutine Le Débauché


There lived a certain man in russia long ago
He was big and strong, in his eyes a flaming glow
Most people looked at him with terror and with fear
But to moscow chicks he was such a lovely dear
He could preach the Bible like a preacher
Full of ecstacy and fire
But he also was the kind of teacher
Women would desire

Ra ra rasputin
Lover of the russian queen
There was a cat that really was gone
Ra ra rasputin
Russias greatest love machine
It was a shame how he carried on

He ruled the russian land and never mind the czar
But the kasachok he danced really wunderbar
In all affairs of state he was the man to please
But he was real great when he had a girl to squeeze
For the queen he was no wheeler dealer
Though shed heard the things hed done
She believed he was a holy healer
Who would heal her son

Ra ra rasputin
Lover of the russian queen
There was a cat that really was gone
Ra ra rasputin
Russias greatest love machine
It was a shame how he carried on


But when his drinking and lusting and his hunger
For power became known to more and more people,
The demands to do something about this outrageous
Man became louder and louder.

This mans just got to go! declared his enemies
But the ladies begged dont you try to do it, please
No doubt this rasputin had lots of hidden charms
Though he was a brute they just fell into his arms
Then one night some men of higher standing
Set a trap, theyre not to blame
Come to visit us they kept demanding
And he really came

Ra ra rasputin
Lover of the russian queen
They put some poison into his wine
Ra ra rasputin
Russias greatest love machine
He drank it all and he said I feel fine

Ra ra rasputin
Lover of the russian queen
They didnt quit, they wanted his head
Ra ra rasputin
Russias greatest love machine
And so they shot him till he was dead


oh, those russians...

lundi 12 mai 2008

Waiting for the 22

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Waiting for the 22, some wind in the hair,
Ronde et circulaire, effrontement j'avance,
vers le Tu et la butte.


---------------------------Relevé sans nous,
Ne mérite ni attente ni tristesse,
L'air est fleuri,
in some way I might love him more than these shadows.

Pennac dans sac avisé, some sun in the hair,
une peine à verser,--------------------------------------------- peut-être.


A la porte il faut que je le sonne, pour tout dire.


O