mardi 27 novembre 2007

[Nourrissez-vous]


J'écrivais ce livre à un moment où la littérature sentait furieusement le factice et le renfermé; où il me paraissait urgent de la faire à nouveau toucher terre et poser simplement sur le sol un pied nu. A quel point ce livre heurtait le goût du jour, c'est ce que laissa voir son insuccès total. Aucun critique n'en parla. En dix ans, il s'en vendit tout juste cinq cents exemplaires.

*

Et quand tu m'auras lu, jette ce livre - et sors. Je voudrais qu'il t'eût donné le désir de sortir - sortir de n'importe où, de ta ville, de ta famille, de ta chambre, de ta pensée.

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Que l'importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée.

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Une existence pathétique, Nathanaël, plutôt que la tranquillité. Je ne souhaite pas d'autre repos que celui du sommeil de la mort. J'ai peur que tout désir, toute énergie que je n'aurais pas satisfaits durant ma vie, pour leur survie ne me tourmente. J'espère, après avoir exprimé sur cette terre tout ce qui attendait en moi, satisfait, mourir complètement désespéré.

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Tout être est capable de nudité, notre émotion, de plénitude.

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Nos actes s'attachent à nous comme sa lueur au phosphore. Ils nous consument, il est vrai, mais ils nous font notre splendeur.
Et si notre âme a valu quelque chose, c'est qu'elle a brûlé plus ardemment que quelques autres.

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J'espère bien avoir connu toutes les passions et tous les vices; au moins les ai-je favorisés. Tout mon être s'est précipité vers toutes les croyances; et j'étais si fou certains soirs que je croyais presque à mon âme, tant je la sentais près de s'échapper de mon corps, - me disait encore Ménalque.



* *
*



Fièvres des jours passés, vous étiez à ma chair une mortelle usure; mais comme l'âme s'épuise quand rien ne la distrait de Dieu !

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Combien durerez-vous, attentes ? et finies, nous restera-t-il de quoi vivre ? - Attentes ! attentes de quoi ! criais-je.

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Nathanaël, que chaque attente, en toi, ne soit même pas un désir, mais simplement une disposition à l'accueil. Attends tout ce qui vient à toi; mais ne désire que ce qui vient à toi. Ne désire que ce que tu as. Comprends qu'à chaque instant du jour tu peux posséder Dieu dans sa totalité. Que ton désir soit de l'amour, et que ta possession soit amoureuse. Car qu'est-ce qu'un désir qui n'est pas efficace ?

*

VOLUBILITE DES PHENOMENES
Dès ce jour, chaque instant de ma vie prit pour moi la saveur de nouveauté d'un don absolument ineffable. Ainsi je vécus dans une presque perpétuelle stupéfaction passionnée. J'arrivais très vite à l'ivresse et me plaisais à marcher dans une sorte d'étourdissement.
Certes, tout ce que j'ai rencontré de rire sur les lèvres, j'ai voulu l'embrasser; de sang sur les joues, de larmes dans les yeux, j'ai voulu le voir; mordre à la pulpe de tous les fruits que vers moi penchèrent des branches. A chaque auberge me saluait une faim; devant chaque source m'attendait une soif - une soif, devant chacune, particulière; - et j'aurais voulu d'autres mots pour marquer mes autres désirs
de marche, où s'ouvrait une route;
de repos, où l'ombre invitait;
de nage, au bord des eaux profondes;
d'amour ou de sommeil au bord de chaque lit.
J'a porté hardiment ma main sur chaque chose et je me suis cru des droits sur chaque objet de mes désirs. (Et d'ailleurs, ce que nous souhaitons, Nathanaël ce n'est point tant la possession que l'amour.) Devant moi, ah! que toute chose s'irise; que toute beauté se revête et se diapre de mon amour.



* *
*



Je n'aime point ceux qui se font un mérite d'avoir péniblement oeuvré. Car si c'était pénible, ils auraient mieux fait de faire autre chose. La joie que l'on y trouve est signe de l'appropriation du travail et la sincérité de mon plaisir, Nathanaël, m'est le plus important des guides.

*

Ne désire jamais, Nathanaël, regoûter les eaux du passé.
Nathanaël, ne cherche pas, dans l'avenir, à retrouver jamais le passé. Saisis de chaque instant la nouveauté irressemblable et ne prépare pas tes joies, ou sache qu'en son lieu préparé te surprendra une joie autre.
Que n'as-tu donc compris que tout bonheur est de rencontre et se présente à toi dans chaque instant comme un mendiant sur ta route.

*

Nathanaël, voici toute la chaleur de mon âme - emporte-la.
Nathanaël, je veux t'apprendre la ferveur.
Nathanaël, car ne demeure pas auprès de ce qui te ressemble; ne demeure jamais, Nathanaël. Dès qu'un environ a pris ta ressemblance, ou que toi tu t'es fait semblable à l'environ, il n'est plus pour toi profitable. Il te faut le quitter. Rien n'est plus dangereux pour toi que
ta famille, que ta chambre, que ton passé.



lundi 26 novembre 2007

_





«
La vie devient vraiment hardcore »



From one moment to the next





Absolu, en vain.




C'était toi. S'agripper à un instant, en suspens.
Abdiquer? A quoi bon. C'était toi.

Se suspendre avec fureur à une paraphrase du plein,
je tente de m'y abreuver, en vain.

D'un moment à l'autre, Toi.

Superfice

Hors de. Impression d'autre, d'ailleurs. Je n'arrive plus

Fuyant, tu glisses de moi à moi.

Et j'attends


fragments des confetti


Ah ! Qu'il est heureux celui qui est tellement banal qu'il ne doute pas d'être exceptionnel.


Qu'il est chanceux celui qui se satisfait de choses simples, que des prétentieux qualifieraient avec mépris de communes.


Et s'il n'avait pas tort ? Et s'il avait raison, celui qui découpe rectilignement sa vie entre noir et blanc, gentil et méchant, nuit et jour, pour et contre, lundi et mardi, bonjour et adieu ?


Ah ! Qu'il est heureux celui qui ne s'arrête pas, n'erre pas, ne se perd pas dans les ruisseaux de mots, les averses de maux, celui qui ne désespère pas.




La langue douce et sucrée, jamais.......................amère
des imbéciles heureux bénis des dieux.





Moteur de la satisfaction terrienne et réaliste galvanisante. 1, 2, 3 et c'est parti 4, 5, 6 c'est tout 7, 8, 9 c'est déjà fini. Dix. C'est fait - c'est sûr.


Moiteur du cynisme qui enlise et râpe la langue. Démangeaison narcissique
sans raison



Symphonie cérébrale d'un questionnement égoïste....................pour moi
.......................................................................................................................pour nous

seules.





Adieu vieux troubadours

T. et L.

How to enjoy a year in one's life



Un an, une soirée Marie-Antoinette, New Year's Eve in London & such a sulfurous reputation left behind us,
un carnaval en abeilles, 52 semaines, une escapade à Ly-on pour les beaux yeux de Paolo,
quelques amants, une décéption éléctorale, 31 536 000 secondes, moult repas et festivités,
une soirée toge, quatres anniversaires, 365 jours, des vacances à Biarritz, un passage en khâgne,
un viaje a Barcelona, 12 mois, et des centaines de malibu ananas - gin tonic chez l'Oncle .


♪ pensées matinales et décousues d'un confetti sur la route de barcelona (ou de la complexité d'écrire avec un clavier espagnol)




Les arbres sont vraiment nus. Et je parle vraiment trop fort dans le wagon, à des filles qui sont vraiment géniales, et m'ont extraite des doux draps/bras de Morphée/Benjamin/Alain, d'un pyjama rassurant, pour m'aspirer hacia España.

Je dis ¡olé! (car je n'ai vraiment pas peur des clichés).

Étrange plaisir (artificiel? fugitif? illusoire?) que celui d'être sur des rails, de savoir où l'on va, et pourquoi. Les paysages et les gens défilent le long du quai, et nous ne leur courrons pas après.
Pas vraiment.

Flux de pensées sa-ccadé et elliptique - drôle d'impression d'être partout et nulle part à la fois, d'avoir tout dit et rien fait, de partir très loin mais tout près d'Elles.
On ne peut pas éternellement maintenir le dialogue à sens unique avec son propre cerveau.

Surréaliste pouvoir du papier.





tic
tac tic tac
- le temps passe.
tic tAc tIc tac
- encore ! mais ça ne s'arrête donc jamais ?
tIc tac tiC tac
- non.
Tic tAc tiC tac
- il faut faire quelque chose !
tIc Tac tIc Tac
- mais c'est un scandale, c'est inacceptable ! Où est le responsable ?
tIc tAc tic TaC
- Y'a-t-il un responsable ?
tiC tAc tIc tac
- Qui ose laisser filer toutes ces secondes ?
Non mais vraiment, c'est incroyable, ça ! Et personne ne dit rien en plus ! Personne ne proteste !

tIc TAc tIc taC
- Mais enfin ! Ca ne vous révolte pas, vous, ce temps qu'on laisse filer ?



Pas de révolte, non, mais plutôt un petit programme de réjouissances
dont l'interêt même est de capturer toutes ces vilaines petites secondes :




manger, dormir, faire l'amour, lire, trinquer, s'embrasser, draguer, danser, rire,
(re)regarder les dizaines de centaines de films qu'on a raté, oublié, aimé,
lire tous ces bouquins à peine feuilletés dans le meilleur des cas,
mais dont on connaît déjà l'intrigue et les personnages
dormir, dormir, dormir, dans mon lit ou ailleurs,
à l'ombre ou au soleil, avec toi ou sans lui,
au bord d'une piscine ou à la plage,
dans son lit ou dans un autre,
n'importe comment,
n'importe où,
je m'en fous,

[ je veux juste rattraper mes 200 heures de sommeil en retard. ]
[ et puis aussi ]
vous rencontrer,
se voir, et encore se voir,
penser à New York et à Marilyn,
déambuler dans des rues inconnues,
rêver, fantasmer, délirer, (juste pour le plaisir),
marcher pieds nus dans l'herbe en mangeant des dragibus,
prendre des photos festives : "London forever", "prince de Lu perdu ",
passer des mercredis après midi entiers à ne rien faire et ce, sans culpabiliser
(sachez qu'à cette perspective mon corps est parcouru d'un petit friSson d'excitation),
et puis écrire pour ne pas oublier ce qu'on aura décidé de faire (ou non) de ces secondes.



♪ Même les cowboys ont du ♥




let's go hide in the far west baby let's take a train to the wild side, let's follow the sunset, let's go nOwhere
the big red canyons are gorgeous... but not as much as you !
let's play : i'll be a comanche and you'll be lucky luke (a very lucky luke)
i'll scream when you bind me hand and foot.
after fighting we'll bury the hatchet and we will live happily ever after, like in the little house on the prairie (except that i'd be more like Calamity Jane than Laura Ingalls) come rescue me, drag me away from civilisation. we'll wake up with the sun, and fall asleep lulled by the compelling music of your harmonica, lying around a fire, under the moonlight.





Qui a dit que les cowboys étaient old-fashioned ?
Ceux-là ont ils déjà vu Jeffrey Hunter ? (as Martin in The Searchers) Ce dernier porte bien son nom... oui come on hunter, tu peux me prendre comme ça par les cheveux, me traîner dans le sable chaud du Texas, me faire l'amour sans même me demander mon prénom (de toute façon comment prononcer LauRe dans ton jargon yankee?), me jeter après et t'enfuir sur ton fidèle destrier, je fais le plus grand kif de l'histoire des kifs ! Oui viens, viens avec tes beaux yeux bleus, ta peau brûlée par le soleil du far west, tes chemises à carreaux so RRrrrRR, ton beau chapeau, tes fesses musclées par les longues chevauchées sauvages, tes bras protecteurs et ton air hébété si craquant.



Protect me from the danger of reason, addiction, sunburns and loneliness.


Je me cacherai
derrre ton dos

t
u seras mon bouclier
et moi le danger

tu seras la main
moi le lasso

toi le sheriff
et moi l'escroc

tu seras bill
je serai joe

m
oi la gamine
et toi le pro

je crierai si
quand tu diras no.



[
on écoute ce qu'on vit, le reste est f a u x . ]



I don't care that you don't read fluently or that you write very undelicate and ackward love letters to me, i don't give a shit if you forgot we've been been going steady since we were three years old ('bout time you found out about it!), if you want to name our first born luluberlu and our second one pepper, or if you want to run away in the desert with my father's horse.



I'll come with you with a picnic basket.


[ Campagne de prévention à l'attention de tous les rêveurs et autres tortues aux bras trop courts. ]




La masturbation intellectuelle peut provoquer des effets indésirables :

Elle ne rend pas sourd mais aigri.

La réalité devient très rapidement fadasse (voire amère dans les cas les plus aigüs).

Ne vous fiez pas aux premières sensations de bien-être (Oh ! Un Prince !) , elle sont très rapidement remplacées par une slightly petite déprime (Quel goujat ! Comment ose-t-il me faire attendre ? ) .


L'espoir et le rêve sont dangereux pour la santé. Consommez-les avec modération.



[ Ceci est un message du ministère de la Raison. ]



Leçon de choses : L E Q u AD R i L a T è R e MA G i q U e




Un quadrilatère magique est composé de quatres personnes distinctes.



Les mauvaises langues diront qu'il s'agit d'un lieu d'égocentrisme institutionnalisé,
où la seule et unique activité consiste à se regarder mutuellement le nombril et qu'après tout,
ce n'est qu'un pretexte de plus pour fuir la réalité nauséabonde et son doute au lieu de les affronter.


Mais la vérité (pour une fois qu'on la tient, on va la faire parler, cette coquine),
la vérité c'est que c'est fascinant.


Elles sont là, et leurs positions dans l'espace délimitent une zone invisible, a priori impalbable, mais parfois si obvious, que même des étrangers peuvent la percevoir. Juste un espace de liberté, une cour de récréation, où tout est permis, accépté, encouragé, osé, échangé,partagé. Sans calculs, sans faux-semblants, sans masques ni rôles à tenir, sans mondanités, evidemment.
Juste des mots, des idées, des gestes, des attitudes.


Même lorsqu'elles ne s'écoutent pas, elles font corps.
Elles disent des bêtises, des conneries, des gentillesses, des angoisses, des rires,
des larmes, des vérités, du réconfort, des sourires.
Elles sont justes présentes et la vie vient là au milieu, danser, redistribuer ses cartes, jouer avec elles, et le bonheur aussi arrive comme une brume tiède qui tourbillonne au centre du quadrilatère avant de diffuser ses volutes dans chacun de leurs esprits, mettant temporairement entre ( parenthèses ) la réalité rugueuse pour en créer une autre, faite d'absolus, d'idéaux, de rêves réalisés de ...
voyage au pays du kilt en folie.


Nous irons vivre dans un monde fou où ...

O
O
O
O
... où la recherche de quelque chose de tangible, auquel se raccrocher en toute circonstance, ne se clôt pas par "Echec et mat" .

... où la lucidité ne rend ni aigri, ni fou ni suicidaire, où l'illusion ne mène pas à un abîme de perplexité et où la liberté n'est pas source d'angoisse.

... où le compromis résigné vers les consommations addictives de toutes sortes n'a pas lieu d'être et où la fuite dans l'impasse des idéaux n'est pas, obviously, desépérée.


Alors on ira vivre dans un monde fou ...

...Dieu n'est pas mort, où Jésus-Christ n'a pas été tué par le Père Noël et où l'éspérance de vie de l'homo oeconomicus est nulle.

... où les dragibus poussent dans les jardins et où les malibu ananas-vodka pomme-gin tonic sont offerts à volonté.

... où les films passent en VO à la télé et où les filles portent des tutus en guise de chapeaux.

... où les autochtones sont heureux, festifs et alternatifs et où on peut comprendre ce que disent les animaux.

... où le temps s'allonge à l'infini et où New York est toujours à deux minutes à pieds.

... où je trouve un château à louer pour l'étérnité sur la Lune avec mon Prince de Lu.

...Coelio atteind ses plaines enchantées, où Octave aime Rosalinde et où Marilyn et Norma Jean sont heureuses.



Un monde où, pour trouver un absolu, il suffit de regarder la réalité en face.



back to the blo-ody mid-dle of N O W H E R E







..................................................................................vous êtes -->......

Le Jour Où J'Ai Tué Le Subjonctif

Here it comes la breeze will blow away
all your trouble and your sane, sane little minds
so do your best to run away, but take a breath and you will pay
you cannot hide
there's no place to hide



Détruire effacer rayer épeler blancoter oublier
Les peut-être les maybe et autres maudits quizas quizas quizas (les miens les vôtres les leurs)
Les si j'eût pu j'aurais dû il eût suffit dommage il se peut que
Nos pauvres mots muets égarés témoins de notre inertie

Subjonctif de la possibilité, du merveilleux, de la virtuosité, de la virtualité, des aveux (de nos échecs?), de la facilité que nous octroie ce temps qui n'engage à rien.

Subjonctif grâce auquel "paradoxalement, je conservais un espérance imperceptible qui me paralysait entièrement. je savais qu'il y avait du mensonge dans mon espoir, mais cela ne lui retirait rien."
Et je mentais.

Ne me parlez plus au subjonctif .




Here it comes
Here it comes
Here it comes
Here it comes

o

Les trois Alexandrines, Le grand méchant Doute et La Boîte.







Au début c'était pas compliqué. Il y avait toi, il y avait moi et il y avait le reste. T'étais toi, j'étais moi, et le reste c'était le reste. Au début c'était bien.

Et puis Il est arrivé, oui lui, le Doute avec un grand D.

Il a gronD, tonné, soufflé, et nous a bombarD de questions sans réponses, nous laissant là, seuls avec ces méchantes questions qui nous narguaient joyeusement avec leur grand sourire. Et on ne savait plus, non -mais quoi?- on ne savait plus si t'étais moi ou si j'étais toi, si le reste c'était pas nous peut-être, ou si le reste on s'en fout. Ou peut-être que nous, c'est moi? Peut être que je dors, que tu dors, qu'on dort tous en ce moment? Et si toi t'es moi et que je suis nous, comment on fait? Comment on fait pour savoir combien on a de paires de pied, s'ils appartiennent à moi à mon voisin ou à la fleuriste? Non mais c'est vraiment pas possible! On vit vraiment dans un drôle de monde !

Avant c'était simple, mais c'était avant :

Bienvenu l'ami ! Tu es fin prêt à rentrer dans l'ère du compliqué (quel mot barbare d'ailleurs), dans l'ère de ces mots grinçants qui nous ont toujours fait peur mais qu'on laissait tranquillement someiller au fond du débarras dans la boîte pour quand on sera grand. Et puis la boîte s'est ouverte...

Et là ça a été la catastrophe : la boîte s'est mise à hurler, hurler des mots moches, des mots qui sonnent faux et qui font mal, des mots horribles qu'on n'entend même pas à la télé, des mots comme épiphénomène, axiologie, pro-blé-ma-tique, mise en abyme, maïeutique, structuralisme, existentialisme (eh oui les mots en -isme sont des tyrans), théosophie, cyclothymique, et même... PHENOMENOLOGIE
(bououhouou dit la foule)

Et puis du coup, on était perdus (lost quoi!), on savait pas quoi faire, quoi dire, quoi penser, dans quel ordre, pourquoi, comment, où, avec qui. Le grand méchant Doute était partout, dans les moindres recoins, sournois, guettant nos moindres faiblesses, nos haussements de sourcils interrogateurs, pour rentrer dans nos pauvres cerveaux tourmentés.

Alors on a pris les choses en main, on a tout pris, tout ce qui pouvait nous aider à tuer le grand méchant Doute. On a essayé les thérapies de groupe, la psychanalyse, le valium, le prozac, les clopes, le bio de danone, les nicopatch, le chocolat, les dragibus, le café, les graines bio qu'on fait germer comme des idées dans nos assiettes, et puis même, oui c'est honteux mais on n'avait plus d'espoir, oui même la drogue ! la coke, la dope, la beuh, l'héroïne ("qui moi?" demande l'héroïne), le crack, les bananes, le coca-cola, la vodka, et les asiles qui voulaient plus de nous, bref ! On a tout essayé, TOUT, absolument TOUT. Oui, même l'amour. Mais même l'amour ne pouvait rien face au grand méchant Doute. L'amour alimentait ses sombres desseins (oh la la dit la foule).

C'était la cata, pire que Waterloo, pire que la Bérézina, pire que la bombe H, on était désespéré. Alors... on a pris toutes nos forces avec nous, on a fait lever des armées entières, on a hurlé et crié nous aussi, plus fort que le grand méchant Doute, et on l'a tué. Oui, on l'a tu-é ! (ooooooh dit la foule ébahie)

Et puis on s'est mis à parler comme ça, comme de vrais méchants adultes qui ont tué le grand méchant Doute, la bouche crispée et agressive, pleine de bave (beuuuuh dit la foule. eh oui c'est moche la bave !) : " Ok je suis un gros connard mais vous vous êtes vus, vous, bande de rêveurs utopistes qui gaspillent le temps au lieu de maximiser votre utilité ? vous n'êtes que des gueux avec vos fantasmes et vos vieux idéaux tout moisis. N'allez pas me faire croire que vous n'êtes pas un peu wet, mesdemoiselles devant les rayons de Zara ou ceux des gels douche de Monoprix ... oh du choix ! Oh OUI du choix ! OH OUUIIIIII je choisiiiiis ! mon Dieu que c'est bon de dégainer ma carte bancaire à la caisse ... et le petit plaisir post-quadricolore qui perdure hasta l'utilisation dudit produit, hein, mesdemoiselles , vous n'allez pas oser nier tout de même ?"

Grandis et arrête de penser au grand méchant Doute, il ne te servira jamais à rien, va mon enfant, va ...





o

Les joies de la lecture!






WET BOOKS ARE THE BEST BOOKS










the urge to merge // waiting for you to give me an egg ♪


« Blushing more crimson than ever, but looking a her severely he said, almost angrily :.
" Excuse me, Mademoiselle, you dropped this." And he handed her an egg. »

Feuille d'album, by Katherine Mansfield


My man will offer me an egg.
Oui, un oeuf, et exactement l'oeuf que j'aurais choisi à l'épicerie. Oui, un oeuf, celui qui serait tombé de mon sac dans la rue. Et nous irons vivre tous les deux dans un monde fou et fantastique, où les oeufs ne se brisent pas lorsqu'ils tombent sur le sol, où les gens sont polis et souriants, où les fous sont adulés, où le tarama coule des fontaines, où tous les mecs ressemblent à Paolo, où merleau ponty n'a pas écrit phénoménologie de la perception, où ta mère est uen rockstar, , où Paolo ne passe pas à la Star Ac', où Aristote est une femme, où le Comte de Chambord n'est pas mort, où il pleut du champagne, où les oiseaux chantent en italien, où Garou n'a jamais existé, bref, un monde presque parfait.
Because 0 = . Because flowers are so old-fashioned. Because normal people are boring.


o

Then take a valium like a normal person !



« All work and no play makes Jack a dull boy »

that is good for you