jeudi 17 janvier 2008

La main et le quidam.




La main et le quidam.




Je ne suis qu’éclats.
Un tout, c’est à cela qu’il faudrait arriver.




Ma main, elle, charnue et violente, presque masculine a esquissé un mouvement, sans que je m’en rende compte.

- Mais qu’est-ce que tu veux ?

Et là, elle et moi lui avons répondu – à lui, au quidam :

- Je veux vous attraper sans vous toucher Monsieur.

Il rit. [Je n’aime pas le quidam, il ne comprend pas.]

- Ne vous moquez pas.

Elle et sa main se cambrent, s’étirent comme endolories et s’ouvrent en tension, superbes. Elle regarde sa main et parle calmement.

- Étrangère trouvaille que ce pouce pré-hensible… Une main qui peut être tout, se retrouve obligée de se fermer et de capturer, mais elle n’y arrive pas, elle n’arrache que des moments fragments - de toi, de vous. Tout est éclat, et je n’arriverai jamais à tout attraper. Rien ne se laisse attraper. Les éclats me découpent tout doucement. Ils s'enfuient. Et moi j'ai mal. Regardez, ma main s'égorge.

Il me regarde, comme effrayé [Je n’aime pas le quidam, il ne comprend pas]

- Nous refuserons d’attraper, nous engloberons, nous déborderons même! Au diable la préhension, ouvrons superbement sans limite et acceptions!

Elle regarde encore sa main, un autre soleil, le sien. Elle sent une chaleur confuse. Elle continue à parler et elle sourit.

- Regardez, j’ai. Nous avons refusé d’attraper et j’ai tout. Une lumineuse cacophonie bourdonnante d’images de re-présentations, de babils, de mots, de vous, de toi qui se confondent dans une petite boule.

Il ne saisit pas, je le vois [Je n’aime pas le quidam, il ne comprend pas]

- La main du quidam ne cesse de se fermer, elle répugne le tout. Elle refuse de sentir palpiter le petit monde tout près, tout incohérent.


Il me prend pour une folle [Je n’aime pas le quidam, il ne comprend pas].




Vous êtes lâche Monsieur quidam .Pas moi, je n’ai pas peur, je n’ai plus peur.



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