dimanche 2 décembre 2007

[ Saturation du vide ]


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L’autre fois je me suis dit que tout ça n’était pas vrai.

J’étais trop pleine de ce vide qui enflait en moi, menaçait à tout instant de déborder et de tout inonder.


Comme mon lit était trop sec et vaste,

je me suis allongée dans la baignoire pour m’y absorber dans l’attente.

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Il faisait noir.


Une larme descendit à tâtons le long d’une joue humide.

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Et ça a débordé.

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Et j’ai pris un bain glacé de mes larmes.

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Mais la sale tristesse ne partait pas. J’avais beau frotter mes yeux délavés, shampouiner mes larmoyantes oreilles, savonner mes genoux fripés d’amertume, l’âcre chagrin ne pâlissait pas. Et comme il y avait trop de murs,

et comme ces murs étaient trop pleins sans percées,

j’ai décidé de rétrécir, rétrécir et filer par le trou qui m’a divisé en cinq petits moi.

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Avril Mai Juin

Juillet

Août.

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L’autre fois je me suis dit que tout ça était trop vrai pour que j’y croie.

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*ooov*

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Je suis à l’infinitif de l’inaccompli.

( Je traverse les journées – sans cesse au bord de – quoi ? - inlassablement en-vide / où ? / douloureusement en vie de –

Je dégouline. Tout est gâché. )

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*ooov*

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« Mais qu’est-ce que tu veux ? »

« Je veux et j’exige d’exquises excuses. »

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Envie de me conjuguer. A tous les temps, tous les modes, pour m’épaissir et rayonner. Au futur proche et au présent. Envie de me répercuter. Et plus seulement d’accumuler en une encombrante et inutile collection d’objets trouvés les minutes, les journées, les nouvelles, les dictées.

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Envie de ton bruit mêlé au mien, d’une symphonie mégalomane cacophonique. Tout mais pas cette angoissante sourdine qui étouffe.

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*ooov*

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Tout (en moi) est chute, vide et trop-plein, ennui et explosion.

La corde me glisse entre les doigts.

Il faut la couper, se laisser choir.

Et, de plein fouet, percuter le monde avec éclat.



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