Je veux grandir grandir, encore et encore, prendre le monde dans mes bras, le serrer très fort et tout remettre à ma place.
Tu serais près de moi - dans le monde comme il faut où tout est à ma place - tu seras là.
Je sentirai ta peau contre mes cheveux Je m’enroulerai dans tes petits bras Tu me toucheras, tout le temps, de peur d’oublier Attraper pour ne plus jamais lâcher Ta barbe fauve qui sent bon le tabac et que je n’aimais pas.
Tes mains dans les hanches mes yeux dans tes os tes pieds sur mes cuisses
Recolorer une durée qui s’efface : une grande pièce blanche, un grand lit blanc, un grand bureau blanc.
Du noir ou de la lumière - un temps uni.
C’était un lieu à abonder.
Nous l’avons occupé - ta serviette rouge, des cendres et Montaigne
Nous l’avons abreuvé de nous, pauvres éclatés.
Nos petites égorgeuses se sont tendrement mêlées - désarmées pour un temps.
Nous avons pénétré - imprégné - l’air engourdi de nos effluves d’amoureux fous.
Tes mains dans les hanches mes yeux dans tes os tes pieds sur mes cuisses
O

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