lundi 18 février 2008

Trinité, ô ce divin triangle !





C’est l’histoire d’un triangle solitaire - solitaire, parce qu’un triangle ça s’encastre pas. Ça se castre, et puis ça se fait trapèze, piste, losange, ou même carré. Un carré c’est bien. Ça s’encastre bien, sans accrocher, sans déborder. Le cubique s’adapte. On y met des images dedans, des films des photos, ou des points noirs et puis quand on les lance on est sûr de tomber indiscutablement sur une face qui nous dira combien.



Mais un triangle ça s’encastre pas. C’est agressif, autoritaire (surtout si c’est équilatéral). Et même un peu fuyant (surtout si c’est isocèle). Et même quand c’est rectangle, quand ça tend vers le carré du mieux que ça peut, ça s’encastre que dans les coins, mis de côté. Sauf dans les kaléidoscopes; ça fait danser le réel tout segmenté - non, é m i e t t é.
(Le triangle s’encastre bien dans le kaléidoscope, comme s’il tournait sur lui-même pour faire miroiter les rayons atomisés.)




Mais les gens ne voient pas grand intérêt à regarder
la vie à travers un kaléidoscope.
C’est déjà assez compliqué
comme ça, ils disent.
Comme
ça
.




Et le triangle reste seul, relégué aux Bermudes.









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